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Deux vérins, une charge, zéro synchronisation : le piège hydraulique classique
Déséquilibres de charge en hydraulique : le cauchemar de la synchronisation
Vous voulez faire monter deux vérins ensemble sur une plateforme ou une benne ? Eh ben accrochez-vous, parce que l'huile, elle va toujours là où c'est le plus facile. C'est une question de ce qu’on pourrait appeler une flemme hydraulique.
Si vous vous contentez d’un simple raccord en T pour alimenter deux récepteurs, vous aurez un système qui privilégiera le côté le moins chargé ou le flexible le plus court.
Pourquoi deux mêmes vérins ne resteront jamais parfaitement synchrones
Le problème, c'est que même avec deux composants sortant du même carton, l'identité parfaite n'existe pas. Entre les tolérances de fabrication des joints (qui influent sur les fuites internes) et les micro-différences de frottement mécanique, un décalage finit toujours par s’installer.
Le réel souci est la perte de charge. Un flexible plus long de 50 cm ou un coude supplémentaire à droite par rapport à gauche, et vous créez une différence de pression qui, par effet domino, désynchronise l'ensemble. Et c'est là que les problèmes commencent : une charge qui bascule d'un côté augmente la pression sur ce même côté, modifiant la viscosité de l'huile et aggravant encore le décalage.
Le piège de la valve d'équilibrage mal comprise
Il est répandu qu’il suffit d'ajouter des valves d'équilibrage (valves de contrebalance) pour régler le problème. C'est en partie vrai pour la sécurité, mais c'est un piège pour la précision si on ne maîtrise pas le rapport de pilotage. Si vos valves sont réglées trop "dur", vous allez générer des vibrations (pompage) car la valve va s’ouvrir et se fermer frénétiquement pour réguler la descente. À l'inverse, un réglage trop lâche ne retiendra rien.
Sur ce genre de montage, les valves compensées changent complètement le comportement qui ignorent les variations de contre-pression au retour, assurant une descente fluide même si la charge est excentrée.
Que faire ? 3 éventuelles solutions à vous proposer
Le diviseur de débit
La vraie solution, du moins sur le terrain en tout cas. Pour une synchronisation robuste (autour de 3 à 5 % d'erreur), le diviseur à engrenages reste la référence. Contrairement au diviseur à tiroir, il est moins sensible à la viscosité et permet de "rephaser" les vérins en fin de course grâce à des clapets de décharge intégrés. C'est la solution reine sur les machines agricoles ou les presses rudimentaires.
La gestion thermique
le critère oublié. Une huile qui monte à 60°C n'a plus du tout les mêmes propriétés qu'à 20°C. Si votre système fonctionne parfaitement le matin mais part "en crabe" après deux heures de cycle, ne cherchez pas plus loin : vos fuites internes augmentent avec la fluidité de l'huile. L'installation d'un drain commun ou d'un refroidisseur mieux dimensionné est parfois plus efficace que de changer les valves.
L'approche électronique
Pour ceux qui exigent une précision au millimètre, il faut oublier le 100% hydraulique. On passe alors sur des distributeurs proportionnels pilotés par une carte d'axe, qui compare en temps réel les positions des capteurs (LVDT ou encodeurs) sur chaque vérin. C'est probablement la seule façon d'annuler les effets de la déformation mécanique de la structure.
A garder pour vos diagnostics
Dernier conseil, votre machine saccade ou se désaxe ? Ne regarder pas la pompe exclusivement. J'ai vu des gars perdre trois jours là-dessus pour rien. Vérifiez la filtration. Des fois, c'est juste ça. Une micro-pollution dans un gicleur de pilotage ou un tiroir de diviseur qui "gomme" légèrement suffit à créer une dissymétrie. Prenez vos pressions en dynamique, aux deux extrémités des vérins, et comparez les deltas. Souvent, La vérité, elle est souvent dans deux ou trois bars de différence. Un flexible fatigué, une valve qui dérive… et tout arrête de fonctionner.
Voilà. Après, si vous voulez mettre un simple té, c'est vous qui voyez. Mais ne dites pas que je ne vous avais pas prévenus.
Publié dans: Hydraulique

